N° 1 Janvier 1985

COUP D'OEIL SUR L'HISTOIRE DE LÉRÉ


Sans remonter jusqu'au... déluge, on peut affirmer que les origines de LÉRÉ se situent dans un passé très lointain. Et déjà, au temps de la conquête romaine, notre ville constituait un important centre de population, au bord de cette Loire que sillonnèrent, jusqu'au milieu du siècle dernier, les bateaux des mariniers.

Mais le fleuve porta aussi, au Moyen Age, les barques des envahisseurs normands qui organisèrent, sur le plateau de Bel Air, un vaste camp retranché dont les vestiges n'ont pas entièrement disparu. Fuyant devant les pillards et remontant également le cours de la Loire, les Chanoines de Saint-Martinde TOURS vinrent, à plusieurs reprises, à LÉRÉ, afin d'y abriter, dans notre vénérable crypte, les reliques de leur Patron. Le danger définitivement écarté -et ces reliques rapportées en Touraine-, quelques ecclésiastiques demeurèrent sur place, et le "Chapitre de LÉRÉ", ainsi créé, se montra fort actif jusqu'à la Révolution. Il avait son sanctuaire (notre actuelle église paroissiale), et les douze prêtres qui en constituaient l'effectif ne se contentaient pas de célébrer l'office divin dans leur chapelle et d'aider le curé de la paroisse Notre-Dame, dans "la vieille église" ,près du "vieux cimetière".

En effet, ils possédaient une école où l'on dispensait les enseignements primaire, secondaire, théologique (pour les futurs clercs, dont certains devinrent, à leur tour, Chanoines de LÉRÉ), et, innovation fort originale, ils y créèrent même, à la fin de l'Ancien Régime, une ébauche d'enseignement technique.

A leur vaste chapelle, qui se dresse donc encore fièrement au milieu de notre place publique, les guerres de Religion puis les troubles de l'époque révolutionnaire portèrent des coups sérieux, entraînant la mutilation du portail et privant l'édifice de la partie supérieure de son clocher.

... La ville de LÉRÉ était fortifiée, un supplément de défense lui étant fourni, à l'Ouest, par le château du Vivier, qui dut soutenir plusieurs sièges. Mais il y avait aussi le fief du Rezay, la seigneurie du Sauloy, dont on détacha, au quinzième siècle, celle de la Madeleine (l'une et l'autre faisant partie, autrefois, de la paroisse de la CELLE-sur-LOIRE). Et surtout, LÉRÉ, s'enorgueillit de posséder, dans un vallon verdoyant, au bord de la Judelle, le coquet château de Villatte, qui, selon la légende, reçut, un jour la visite du roi François 1er.

Selon la légende... Ce qui est sûr, par contre, c'est que Philippe- Auguste imposa à nos ancêtres une protection... intéressée, et que Philippe VI de Valois donna à LÉRÉ le titre de "Ville".

... J'ai évoqué des périodes de troubles. Dieu merci, notre cité connut aussi des jours fastes, particulièrement au XVIIIe siècle, où la vie y était relativement facile. Le livre de comptes -heureusement conservé- d'un denos compatriotes d'alors nous montre les Léréens s'approvisionnant aux nombreuses foires locales ou régionales, ou encore profitant d'une escale, au port de la Madeleine, d'un bateau dont le propriétaire proposait huile d'olive, savon, riz, café, chocolat et citrons. Déjà ! Quant à nos artisans, ils étaient réputés à plusieurs lieues à la ronde pour leur habileté dans le travail du bois comme celui du fer.
A LÉRÉ comme dans le reste de la France, les débuts et la Révolution virent se constituer une tarde Nationale, formation militaire destinée à assurer l'ordre public et le respect des lois, ainsi qu'à rehausser l'éclat des diverses manifestations ou cérémonies patriotiques. Recrutées sur place, encadrées par des gradés tantôt élus et tantôt nommés par le Gouvernement, ces unités de Gardes Nationaux devaient, parmi bien des vicissitudes dues aux changements de régime politique, subsister jusqu'à l'aube de la Troisième République.

Certains de leurs éléments, qualifiés de "mobiles", participèrent à la guerre de 1870, dont LÉRÉ n'eut pas trop à souffrir. Plus cruelles lui furent celles de 1914-1918 (où tombèrent tant de ses enfants) et de 1939-1945, avec le terrible bombardement de Juin 1940 et la captivité de nombreux Léréens.

Or, ces derniers furent d'autant plus heureux de retrouver leur existence normale, que nous nous réunissons volontiers entre amis, au sein de nombreuses associations dont on trouvera liste à une autre page de ce Bulletin Municipal. Liste qui s'est d'ailleurs, considérablement allongée, comme il est naturel dans une ville en plein renouveau. Parallèlement à ces groupements "sans uniforme", nos valeureux pompiers, successeurs des Gardes Nationaux, prêtent (avec nos Musiciens) un concours fort apprécié à nos manifestations, tout en se tenant prêts à lutter contre les calamités et à porter secours, en cas d'accident.

Ajouterai-je qu'à LÉRÉ, on possède un sens artistique très développé, ainsi qu'il est, d'ailleurs, fréquent en Berry ?

Le 08 Septembre 1877, notre cité voyait naître le poète-chansonnier Jacques MARTEL qui devait, à Montmartre comme en province, en un français particulièrement châtié comme dans le patois berrichon le plus savoureux, tour à tour amuser et émouvoir lecteurs ou auditeurs.

Et comme on comprend qu'au sein des agitations de la Capitale, il ait pu écrire, en pensant à notre LÉRÉ, ces vers empreints d'une nostalgique harmonie :

Je revois tes beautés qui me furent si chères,
Et tes coins dont le moindre est un coin familier,
Pays que mon cœur, las des cités étrangères,
Sent revivre aussitôt qu'il croyait l'oublier !
J. Mellot 
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