N° 4 Janvier 1988

A LERE, AU TEMPS DE LOUIS-PHILIPPE 1er


L'an passé, j'annonçais la publication imminente de la suite de l'Histoire de Léré de mon père, qui est maintenant complètement épuisée. Diverses circonstances ont retardé cette parution, mais je puis maintenant affirmer qu'on la trouvera à coup sûr dès le début de l'été.

En attendant, faisons un emprunt au livre paternel, en reproduisant son pittoresque tableau de "Léré au temps de Louis-Philippe 1er".

"En 1830, dans tout le canton de Léré, il n'y avait que 14 électeurs, parmi lesquels 3 seulement étaient éligibles, en raison des conditions requises d'âge et de fortune immobilière. Le renversement de Charles X et la proclamation de Louis-Philippe d'Orléans comme roi des Français ne provoquèrent aucun incident à Léré.

"Sous le règne de Louis-Philippe, les murailles et fortifications de la ville restant encore furent démolies, les fossés comblés, nivelés, les routes de Ménétréol-sous-Sancerre à Gien par Léré et Chatillon-sur-Loire, et de Jars à Léré par Savigny, furent construites en employant les anciens chemins existants.

"Le canal latéral à la Loire fut achevé. Les travaux commencés sous le règne de Charles X ne se firent pas sans soulever parfois l'opposition très vive des propriétaires dont il traversait certaines possessions. Particuliers et Municipalités alléguaient parfois des arguments que l'Administration réfutait facilement.

"Ainsi, à Léré, en 1829 (un an, donc, avant le règne de Louis-Philippe), le Maire s'opposait à l'établissement d'un four à chaux nécessaire pour les travaux de construction de la gare du canal, sous prétexte que les fumées seraient un désagrément pour la promenade des habitants.

"L'Ingénieur de service rétorqua que le four à chaux incriminé "fondé et sorti d'un mètre au-dessus de la terre, en rase campagne, à 300 mètres au moins du centre de la ville, ne devant durer que deux années pendant chacune desquelles il ne doit fonctionner que trois mois et à la houille..." était d'un inconvénient nul pour les habitations."

"Et il ajouta, avec beaucoup d'à-propos :

"Quant aux désagréments pour la prétendue promenade (car je ne sache pas que l'on se promène beaucoup à Léré, surtout à tel endroit plutôt qu'à tel autre) considérez combien ils sont peu considérables et peu durables. Mettez en opposition une gêne aussi passagère que légère, aussi douteuse, le bien que le canal doit faire à la ville de Léré, et voyez si, au lieu d'être entravé mal à propos par la Municipalité de cette commune, il ne serait pas plus naturel qu'elle me prêtât son aide lorsque les circonstances le réclament...".
"Lorsque le canal commença à fonctionner, il passait, paraît-il, en moyenne, un bateau par semaine, tiré, le plus souvent, par des hommes. (1) Le nombre de bateaux et le mode de locomotion ont bien changé depuis cette époque.

"... En 1848 (à la fin, donc, du règne de Louis-Philippe) l'état des esprits se rapprochait de celui de 1789. On réclamait la réforme électorale, comme partout en France. Aussi la Révolution et la proclamation du suffrage universel furent-elles accueillies avec enthousiasme. Une fête fut organisée, au cours de laquelle un deuxième "Arbre de la Liberté" fut planté sur la Place de l'Église. C'était un peuplier qui avait été pris au lieu-dit "Le Pré du Pendu" et qui fut amené (il était assez gros) par la voiture de Jean Durand, maître-maçon... Mais ce peuplier (2) (peut-être l'avait-on choisi trop gros ?) se dessécha rapidement et périt... comme la Liberté, d'ailleurs, dont il était le symbole". (3)

Jean MELLOT
Maire-Adjoint de LERE
Membre de la Société d'Histoire et d'Archéologie du
Berry et du Comité des Travaux Historiques et
Scientifiques du Ministère de l'Éducation Nationale


(1) Nous avons encore parfois connu, dans notre enfance, ce genre de traction... humaine. Depuis qu'Arsène Mellot écrivait ces lignes (il y a plus d'un demi-siècle), mode de propulsion et rythme de passage des péniches ont bien varié, notre canal étant de plus en plus fréquenté par les adeptes du tourisme nautique.

(2) Le peuplier était donc proche de notre bel "orme", hélas, récemment disparu.

(3) L'étude annoncée sur l'origine (parfois fort curieuse) des lieux-dits de Léré, et qui doit succéder à l'étude portant sur les noms de rues, demande, avant d'être publiée, quelques recherches complémentaires absolument indispensables.
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